© Christian Bujold 2014..

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-Je place les baluchons remplis de charbon que j’avais conservé de la veille (le gris et le noir) aux deux extrémités de la place.

-J’inscris le titre au sol à l’aide d’une brique de charbon.

-À l’aide d’une grande tige de métal, je gratte le sol et retire une brique de pavé.

-Je me dirige vers le premier baluchon, le frappe énergiquement à l’aide de la brique de pavé et le fracasse agressivement au sol afin de transformer les briques de charbon en poussière.

-Je me dirige vers l’autre baluchon et procède de la même façon.

-Je retourne au premier baluchon et tente de le soulever avec la barre de métal (ce qui sera beaucoup plus difficile que le l’avais envisagé).

-Après un moment, je réussis à transporter le drap rempli de poussière de charbon jusqu’à l’autre extrémité, demande un briquet à quelqu’un qui assistait à la performance, brûle le dessous du drap afin de créer un petit trou duquel s’échappera la poussière de charbon.

-J’entame des aller-retours entre les extrémités de la place prenant soin de marquer le trajet en transportant le baluchon qui se vidait graduellement.

Mon intention était de procéder à ces aller-retours jusqu’à la fin du temps que je m’étais imparti, soit environ 5 heures. Par contre, très irrités par ma présence, des gardiens du Výstavišt? Praha ont agressivement mis fin à la performance en appelant la police.

Comme suite à l’intervention policière, j’ai dû, avec l’aide de bénévoles du festival, nettoyer les traces de charbon, incluant le titre de la performance, ce qui, à mon avis, représente une conclusion tout-à-fait appropriée compte tenu de la nature de ma performance.

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Avec FADE (to white), j’installais les bases du reste de la performance en termes de matériaux et d’attitude, particulièrement en ce qui a trait à l’idée du passage d’un état à l’autre (au blanc, au gris, au noir). Or, pour suivre cette logique, la deuxième performance constituant ce corpus qui avais lieu le lendemain devait être le passage au gris. La tête (et le cahier) plein d’idées et de croquis, il me restait encore à organiser toute cette matière foisonnante et chaotique et pour dire la vérité, j’éprouvais beaucoup de difficulté et je n’arrivais pas à trouver une logique aussi cohérente que durant la journée précédente. C’est en réfléchissant au gris que j’en suis venu à accepter cet état d’indécision comme élément structurel, notamment en relation avec l’expression zone grise.

J’ai ainsi travaillé le sous-titre de ce chapitre comme un indicateur d’indécision et de possibilités, tout en faisant référence à la mort avec le terme limbo (de limbes) qui représente, selon la mythologie catholique, un espace de l’au-delà où les âmes peuvent racheter leurs mauvaises conduites pour ainsi accéder au paradis, le cas échéant les forçant à errer éternellement sur terre sous la forme de spectres.
J’ai choisi un très grand espace pavé aux abords du Výstavišt? Praha, un centre d’exposition et de congrès, qui, contrairement au métronome, ne représente pas une destination en elle-même, mais un lieu de passage continuel où les gens vont et viennent d’une extrémité à l’autre sans s’arrêter. Conséquemment, le lien avec le concept des limbes résonnait bien dans ce lieu spécifique.

En termes de mise en espace, j’ai décidé d’occuper tout l’espace en situant les matériaux dont j’avais besoin aux deux extrémités de la place (qui devait faire dans les 200-300 mètres), ce qui allait provoquer pour moi une très grande quantité d’aller-retours, qui, selon ma propre logique, marquait l’idée d’indécision et d’emprisonnement dans la zone grise. Contrairement à (TO WHITE), mes déplacements sont rapides et plus naturels, je laisse transparaître le fait que je prends des décisions en direct.